Marie Tétart – De la lecture à l’écriture…

… en passant par l’Histoire, le jeu de rôles et l’observation du monde ! Marie Tétart Auteur de fantasy

Des domestiques, des bardes, des criminelles et criminels, des guerriers et des guerrières, des nobles ou des gueux, et même des bourgeois : bienvenue dans mon univers, qui rassemble tous les genres, toutes les classes sociales, toutes les sensibilités.

Je m’appelle Marie Tétart et j’écris depuis que je sais lire — depuis que j’ai six ans. Je suis autrice de fantasy.

Mes grandes amours, hormis l’écriture et la lecture : l’histoire, le jeu de rôles, la nature… la cuisine. Tous les plaisirs qui stimulent la sensorialité, la sensibilité et l’intellect. Toux ceux qui nous font prendre conscience de notre statut d’être vivant.

C’est cela que je veux traduire dans mes écrits : un monde en transformation, un monde en mouvement, dans lequel des êtres de chair et de sang se rencontrent, rêvent et façonnent leur vie, naissent, souffrent, rient et meurent…

Lecture et écriture : tout commence à six ans

 

Dès mes six ans, à l’heure des Oui-Oui, je remplis des cahiers de contes et d’histoires. Plus tard, je mets même en BD mes romans préférés. J’ai été happée par l’univers de la fiction dès que j’ai su lire, et peut-être même avant, à l’époque des contes de fées qu’on écoute dans son lit avant de s’endormir.

Les lecteurs et lectrices de ma génération, celle des années 1980, reconnaîtront mes références littéraires d’enfant. Bibliothèque rose, bibliothèque bleue, bibliothèque verte et même bibliothèque rouge et or ; la petite fille que je suis picore de tout, y compris en fouillant dans les livres de sa maman, qui regorgent de personnages féminins forts et inspirants.

Mes héroïnes littéraires sont alors Fantômette, la détective Alice, Sylvie l’hôtesse de l’air. J’ai aussi un coup de cœur pour une merveilleuse Marquise en sabot qui me fait basculer à vie dans le roman historique.

L’Histoire, parlons-en. J’éprouve de plus en plus une passion pour les récits historiques, qu’ils soient de fiction ou réels. Il faut dire que, avec mes parents, nous faisons au fil des ans le tour des monuments historiques de France. Les châteaux de la Loire et les paysages du Périgord Noir seront d’ailleurs une révélation.

 

Adolescence : plongée dans la littérature classique… et sentimentale

 

C’est sans doute pour ça que, vers mes douze ans à peu près, je commence à m’intéresser à une autre bibliothèque : celle de mes grands-parents. Celle qui contient tous les merveilleux classiques du XIXe siècle en format poche. Celle dont les pages jaunies expirent un long parfum plein de regrets…

Zola, Balzac, Hugo, Maupassant, Stendhal, les sœurs Brontë, Colette, mais aussi Steinbeck et d’autres romanciers du XXe siècle : je les dévore ! Je découvre ainsi d’inoubliables personnages féminins de la littérature anglaise et française : Jane Eyre, Claudine, Gervaise, Boule-de-Suif, la petite Fadette…

Je fouille aussi l’autre bibliothèque de ma maman, celle qui est remplie de séries fleuves romanesques et de romans historiques France Loisirs. Je me régale ! Je suis avec passion les aventures de ces héroïnes de fiction, qui livrent dans ces pages leurs états d’âmes, leurs combats et bien sûr leurs amours (j’ai alors quinze ou seize ans, mais je suis restée fleur bleue 😉 ).

À cette époque, la future autrice de fantasy que je suis n’a toujours pas mis un pied dans la SFFF (Science-Fiction, Fantasy et Fantastique) !

En revanche, je découvre deux des trois écrivains qui vont fortement inspirer ma façon d’écrire. Je me rends compte avec tendresse que je les ai trouvés tous les deux dans les bibliothèques de ma jeunesse, celle de ma mère et celle de mes grands-parents.

  • D’une part, c’est Jeanne Bourin, une femme, romancière française et auteur médiéviste qui a écrit la magnifique Chambre des dames, adapté à la télévision dans les années 1980. Son souci du détail historique, son tableau des XIe, XIIe et XIIIe siècles et sa description des sentiments humains (ceux des femmes comme ceux des hommes) sont une révélation pour moi.
  • D’autre part, Gilbert Cesbron, un écrivain à mes yeux injustement oublié des années 1950-1960, qui plonge dans la psychologie de l’être humain avec un réalisme aussi saisissant qu’émouvant. Je lui dois beaucoup en terme d’introspection narrative.

 

Un détour par le roman historique

 

À dix-huit ans, je ne veux pas écrire de la SFFF. Je veux écrire du roman historique. L’histoire est ma passion depuis longtemps. J’adore les romans historiques, j’adore les essais historiques, j’adore les visites de monuments historiques. Si j’étais un personnage de séries TV, je serai le Docteur Who et je visiterai une à une toutes les époques. (Version Capaldi, le Docteur. 😉 )

Le problème avec le roman historique, c’est qu’on bute sur les détails. On a vite fait de se demander si ce qu’on écrit est correct. Si tel objet existait bien à telle époque. Si telle culture dans telle aire géographique ne relève pas de l’anachronisme. Si on ne va pas recevoir une volée de tomates de la part des passionnées et des puristes de l’époque en question.

J’ai un déclic lors de la rédaction d’une scène d’un roman que je situe au VIe siècle de notre ère, au Proche-Orient. La charnière entre Antiquité tardive et Haut Moyen-Âge est une de mes périodes préférées. Je réalise soudain que ça ne va pas. Ça ne va pas du tout ! Je bute à chaque ligne et je suis perpétuellement insatisfaite. Je passe mon temps en recherches. Or, nous sommes avant 2005 et autant vous dire que Wikipédia, à l’époque, je ne connais pas. Mes recherches se font dans des encyclopédies et des bouquins papier. Au secours !

 

La science-fiction-fantastique-fantasy, ENFIN !

 

C’est là que va naître l’autrice de fantasy d’aujourd’hui. Est-ce que ce ne serait pas vraiment mieux si je racontais des événements en les situant dans un univers que je créerais de toutes pièces ?

À l’époque, je commence justement à flirter avec la SFFF. D’une part, je fais du jeu de rôles et l’exemple d’un de mes amis m’inspire. Il est MJ et il fait jouer dans un monde qu’il a complètement inventé. Avec lui et avec d’autres maîtres de jeux (coucou le Cénacle d’Arras !), le JDR devient une passion dévorante. Il prend une telle place dans ma vie que j’arrête carrément d’écrire. Il faut dire qu’on ne ressort pas très frais de nuits successives de jeu et de couchers à 6 heures du matin. Je deviens moi-même MJ pour des vampires « vivant » en pleine Antiquité romaine.

Toutes ces années passées à interpréter suceurs de sang, serve opprimée, guerrière-démon, noble byzantine, samouraï, flibustière, princesse de l’espace, télépathe, terroriste de l’IRA, chasseuse de primes chiss… et j’en passe ne vont pas être perdues pour ma verve littéraire.

Par ailleurs, je découvre l’œuvre d’une femme romancière de fantasy, Robin Hobb, un peu par hasard en choisissant la sélection du trimestre chez France Loisirs (oui, j’y suis toujours à l’époque). Robin Hobb, le troisième écrivain qui va rejoindre ma paire d’as constituée de Gilbert Cesbron et de Jeanne Bourin !

Robin Hobb, Jeanne Bourin et Gilbert Cesbron
Mes trois auteurs fétiches : Robin Hobb, Jeanne Bourin et Gilbert Cesbron. Vive l’éclectisme !

Là, cette fois, c’est parti. j’avale tout L’Assassin RoyalLes Aventuriers de la Mer. Le Soldat Chamane (mon préféré). Les Cités des Anciens. Après ça, je vais élargir mon horizon tout azimuts : Élisabeth Vonarburg et Francis Berthelot, Terry Pratchett, Mary Shelley, Lovecraft et Anne Rice, Aldous Huxley, Ray Bradbury, George Orwell et, plus récemment, des écrits contemporains du XXIe siècle : SF militaire de Warhammer 40K, Jawroski et Stefan Platteau…

Un jour, je décide de coucher sur papier les aventures d’un de mes personnages favoris. Très vite, je me heurte au même problème qu’avec le roman historique : comment écrire librement quand on bute à chaque instant sur les détails d’un univers conçu par quelqu’un d’autre ?

Il est grand temps de créer mon monde.

 

Mes débuts d’autrice de fantasy

 

Je commence à écrire les aventures d’un duo de personnages masculins, Aliaume et Maden, dans les décors d’un univers que j’avais créé à vingt ans quand je commençais le jeu de rôles. Très vite, ça prend de l’ampleur. Je me retrouve avec le synopsis d’une série faramineuse dont j’écris les deux premiers tomes. L’aventure d’Angathaï commence, mais je me questionne : est-il bien raisonnable de se lancer ainsi sans filet avec une somme pareille ? Pas facile de convaincre avec une saga de fantasy mammouthesque quand on est un auteur inconnu.

Et si j’essayais de réduire un peu mes perspectives ? Je décide de me concentrer sur un personnage et sur son histoire. Ce sera Aniélis, ma tourmentée et sulfureuse Valadonne. Je lui donne tout ce que j’ai pour en faire une héroïne de roman flamboyante qui accrochera le cœur des lecteurs. Une vraie passionaria de la condition de la femme dans un univers alternatif… mais pas complètement déconnecté du nôtre.

Roman Valadonne Marie Tétart
Couverture du roman Valadonne par l’illustratrice Anouck Faure

Par chance, je tombe à cette époque sur le forum d’écriture et de bêta-lecture Cocyclics. Un vrai miracle pour moi… et pour Aniélis. Des bêta-lecteur et bêta-lectrices, eux-mêmes auteur et auteures de talent, vont se pencher sur son cas et m’amener à en faire la meilleure version d’elle-même.

Merci à ma Pottée, à Ifu, à Arda et à Jérémie !

Cette fois, c’est parti, on ne lâche plus le morceau. J’écris sans relâche, et je ne m’arrêterai plus. De la fantasy, mais aussi du fantastique un peu horrifique. Ma passion pour les vampires à la Dark Age (Âge des Ténèbres) trouve de quoi s’exprimer !

Mais c’est surtout mon monde, Angathaï, qui monopolise mon attention et va peu à peu se construire en développant sa palette de personnages.

 

Lectrices et lecteurs, ce que vous trouverez dans mes pages

 

Faut-il absolument rentrer dans une case lorsqu’on écrit une œuvre artistique ? Doit-on penser à une classification de genres lorsqu’on écrit les premiers mots d’un roman ?

Et si je me laissais simplement guider par mes inspirations multiples ? Et si je laissais souffler l’envie d’évasion que m’insufflent les aventures de FitzChevalerie, la force psychologique des inoubliables personnages de Gilbert Cesbron, le sens du détail historique et le travail d’orfèvre des romans médiévaux de Jeanne Bourin ?

 

De la fantasy naturaliste

 

J’ai finalement donné un nom à ce que j’écris. En tant qu’autrice de fantasy, j’écris de la fantasy naturaliste, sombre (dark fantasy), dans un univers auquel je veux donner la richesse extraordinaire et en même temps la cohérence de notre monde réel. Je veux que vous puissiez l’explorer en tant que lecteur et lectrice dans toutes ses facettes : culturelles, politiques, militaires, religieuses et même économiques. Le tout sans oublier que ce qu’on aime suivre avant tout, quand on lit une histoire, c’est le personnage, ses espoirs, ses doutes, ses errements et ses erreurs !

Objectif ambitieux, le défi de toute une vie, exaltant !

Le surnaturel n’est pour autant pas complètement absent. Il existe par touches subtiles, un peu comme dans notre monde, lorsque, brièvement touché par le mysticisme, on se demande : « Et si… ? » Et si quelque chose d’autre existait, de l’autre côté du voile, invisible à nos sens et à nos esprits cartésiens ? Après tout, d’où viennent les légendes, les mythes, les dieux ?

Le surnaturel est une manière fabuleuse d’aborder le divin, la foi, les croyances. C’est aussi une belle façon d’interpréter l’altérité et le rapport au vivant.

 

Des portraits de femmes fortes : de la fantasy féministe ?

 

Des portraits de femmes inspirantes et indépendantes. Voici ce que j’aime mettre en scène dans mes écrits.

J’ai envie que vous, les filles, les femmes, vous puissiez vous identifier aux héroïnes de mes livres. J’ai envie que vous vous retrouviez dans des récits de personnages féminins de fantasy qui ne soient ni « badass » ni « nunuches » (comme s’il fallait choisir entre l’un ou l’autre !).Que vous les suiviez dans leur évolution avec plaisir et complicité.

Je souhaite aussi aborder la thématique de la sexualité féminine de manière poétique mais réaliste, sans la fantasmer. Et montrer le corps de la femme sans l’objectifier, en en faisant un sujet agissant. Les scènes érotiques en fantasy ne me font pas peur lorsqu’elles abordent la sexualité avec finesse.

Et, si je tends à aborder la question des conflits de genres et celle des rapports entre hommes et femmes, c’est en les liant à d’autres formes d’inégalités, raciales, religieuses et sociales. Au même titre que la science-fiction, la fantasy n’est-elle pas un terrain parfait pour aborder ces questions ?

 

Des paysages et un lien avec le vivant

 

Vous aimez les descriptions ? Moi, j’en suis fan. Les arbres, les fleurs, les vilaines « adventices », les insectes, les oiseaux et les mammifères, les roches et bien sûr les eaux et les nuées : tout cela est pour moi uns source fantastique d’inspiration. Ils ne sont pas là en tant que décor ; ils sont liés à l’humain. J’adore donc mettre en scène les paysages, les intégrer au récit et à l’action, en faire des personnages à part entière qui interagissent avec les héros.

 

Voilà ce que vous trouverez dans mes écrits d’autrice de fantasy.

 

Connaissez-vous Loreena McKennit ? Sa musique m’inspire profondément. J’y trouve ce cheminement dans la nature, mêlé à un cheminement dans les cœurs et les âmes des femmes et des hommes qui m’inspirent tant. Le tout brodé d’imaginaire.

Si vous appréciez cette artiste, je vous invite à rencontrer les personnages de mes romans auto-édités. Je gage que vous les aimerez aussi.

Je vous propose aussi un peu de lecture en ligne, avec des nouvelles gratuites, dans mon univers ou ailleurs. Au menu : des personnages d’Angathaï, mais aussi des vampires et des héros mythologiques !

Littératures de l'imaginaire

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