Denys d'Halicarnasse - Gravure du Codex Ambrosien

Les Étrusques vus par Denys d’Halicarnasse

Si vous voulez en savoir plus sur ce peuple mystérieux, lisez Denys d’Halicarnasse. Les Étrusques, il en a longuement parlé dans le Livre I de ses Antiquités Romaines (chapitres 26 à 30). C’est l’historien antique qui nous apporte le plus d’informations sur ce peuple mal connu.

Voyons cela ensemble. 😉

(Ce court billet est une introduction à une série d’articles que je vais consacrer à la civilisation étrusque.)

Denys d’Halicarnasse et les Étrusques

Denys d’Halicarnasse n’est pas vraiment un contemporain des Étrusques. Il vit à l’époque d’Auguste, vers 60-8 av. J.-C. À la fin du Ier siècle avant notre ère, les Romains finissent d’assimiler les Étrusques, ces derniers achèvent de se fondre dans la civilisation de leurs conquérants.

Denys d’Halicarnasse est un rhéteur grec, ce n’est pas un Romain, ni même un Latin. Il vient à Rome pour exercer son art — c’est là qu’il décide d’écrire un texte afin de présenter à ses compatriotes grecs l’histoire des débuts de Rome que ces derniers connaissent mal. Ce seront les Antiquités Romaines.

Dans ce texte, Denys d’Halicarnasse évoque longuement les Étrusques. C’est dans le Livre I, chapitres 26 à 30. C’est la source littéraire antique la plus importante que nous ayons sur ce peuple. D’ailleurs, les étruscologues modernes décrivent souvent Denys d’Halicarnasse comme le premier étruscologue tout court.

Les Étrusques au début de Rome

Les Étrusques ont toute leur place dans le récit de Denys d’Halicarnasse. En effet, aux origines, Rome n’est rien. Romulus vient tout juste de la fonder : c’est un village. En revanche, les Étrusques sont une puissance de dimension internationale.

(À noter qu’on les appelle les anciens Toscans car ils vivaient surtout sur le territoire de la Toscane actuelle.)

Les Étrusques vont jouer un rôle très important dans le développement de Rome. Au point de vue urbanistique, par exemple : vers la fin du VIIe siècle, les ingénieurs toscans font drainer la zone du forum romain. Jusqu’alors, ce n’était qu’un bourbier marécageux. Cela va devenir le centre politique de l’Urbs, la Ville, puis l’Empire ! Les Étrusques fixent pour longtemps les centres essentiels de la cité :

  • la curie où se réunit le Sénat
  • l’espace du comitium (comices) où se rassemble le peuple
  • la regia (le palais royal, qui devient le logement du grand pontife après l’avènement de la République).

Les Étrusques, un peuple différent des autres

Denys d’Halicarnasse, face aux Étrusques, a conscience d’une spécificité. Ce peuple est différent des Grecs, des Romains et des autres peuples italiques de la péninsule. C’est vrai du point de vue linguistique et du point de vue culturel. D’ailleurs, de nos jours, nous ne comprenons la langue étrusque que de manière très approximative et c’était déjà le cas à l’époque de Denys d’Halicarnasse.

Ce qui amène forcément à la question de son origine. D’où viennent les Étrusques ? Pour Denys d’Halicarnasse, ce sont des indigènes :

« On risque d’être plus proche de la vérité en disant que cette nation n’est pas venue d’ailleurs, mais qu’elle est indigène, puisqu’elle s’avère être très ancienne, et sans la moindre parenté avec quelque autre race, qu’il s’agisse de la langue ou du genre de vie. » (Antiquités Romaines, I, 30, 2)

Aujourd’hui, le débat n’est toujours pas tranché.

J’espère que ce court billet sur Denys d’Halicarnasse et les Étrusques vous a donné envie d’explorer davantage ce peuple dans d’autres articles à venir. Restez en alerte ! 🙂

On se retrouve aussi dans ma newsletter qui vous emmène deux fois par mois dans les antiquités grecque et romaine. À bientôt !

Sources : BRIQUEL, Dominique, La Civilisation Étrusque, Fayard, 1999

Image d’en-tête : Gravure représentant Denys d’Halicarnasse – Codex Ambrosien

À PROPOS DE L'AUTEURE

Je suis Marie, passionnée d'antiquité et de mythologie grecque depuis l'enfance. J'ai acquis un gros bagage dans ce domaine grâce à mes lectures, innombrables, sur le sujet : ma bibliothèque compte plusieurs centaines d'ouvrages, sources antiques et essais historiques traitant de nombreux aspects de ces périodes anciennes.

Je suis également diplômée d'histoire ancienne et médiévale (Maîtrise, Paris IV Sorbonne). J'ai notamment travaillé sur l'antiquité tardive, le Bas Empire romain et la romanisation des peuples germaniques.

Je suis l'auteure de plusieurs romans et nouvelles, dont Atalante, qui réinterprètent et revisitent la mythologie grecque et l'antiquité.

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