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Aniélis, l’héroïne marquée par le feu

Bonjour à tous et bienvenue sur mon blog pour ce premier article. 🙂

Mon propos est et restera ici de vous proposer de la lecture en ligne. Chaque semaine, donc, je posterai un extrait de roman ou une nouvelle complète. De temps en temps, je vous parlerai aussi un peu de mon actualité (sorties de romans et, si 2021 nous est favorable, séances de dédicaces en librairies et en salons et festivals).

(Au passage, je crédite WP Marmite, un super site bourré d’infos utiles et qui m’a bien aidée jusqu’à cette étape dans la création de ce site.)

Allez, revenons un peu à nos moutons ! J’ai choisi de commencer cette salve d’articles avec trois petits extraits de mon roman de fantasy, Valadonne, sorti en décembre 2020. J’espère que vous aimerez cette première incursion dans mon monde d’Angathaï et mon héroïne, Aniélis, « l’amie du feu »

Incipit : tout commence dans les flammes

Petit extrait du prologue : l’héroïne, Aniélis, a dix ans. Sa communauté est attaquée par des ennemis et elle est prisonnière de sa maison qui flambe…

« Suivez-moi ! Suivez-moi, restez près de moi ! » cria-t-elle.
Les petits toussaient à s’en arracher les poumons. Elle emporta Carl, le plus jeune d’entre eux, dans ses bras. Il enfouit son visage dans sa robe, mais il était lourd et Aniélis ne put libérer une main pour saisir les doigts de sa petite sœur. Lya s’accrocha à sa jupe en sanglotant.
Dans la pièce à côté, c’était l’enfer. Cherchant de l’air, la petite fille inhala une fumée brûlante. Elle avança en toussant, chancelante sous le poids de l’enfant. La tête lui tournait. Dans ce décor familier, arpenté depuis toujours, plus rien n’était à sa place. Un mur de flammes se dressait sur sa gauche, à la place de la longue table rectangulaire et de ses dix chaises massives et des étagères à vaisselle qui couraient sur la longueur de la salle. De là, un arc de feu surplombait la pièce jusqu’aux fenêtres en face, enguirlandé autour d’une poutre transversale, et commençait à s’emparer des tentures de laine, des rideaux, des coussins bariolés qui tapissaient les fauteuils.
Là gisait la bantal, avachie dans son siège préféré, près du coffre dont elle sortait à l’occasion vieux bijoux et parures. Elle était prostrée, la tête pendante sur le torse, et ses longs cheveux blancs dénoués glissaient jusque sur le sol. Une fleur rouge s’épanouissait sur sa poitrine.
« Bantal ! » cria Lya, pleine d’espérance, en se précipitant.
Une corde retenait une lampe de céramique au-dessus de la vieille femme. Rongée par le feu, elle céda à cet instant. L’objet rempli d’huile enflammée tomba et se fracassa sur la fillette. Un cri affreux résonna dans la pièce.
Aniélis posa Carl hurlant au sol. Elle arracha une tenture intacte et attrapa Lya au vol, alors que celle-ci, divaguant dans la pièce comme un brasier fou, hurlait un son inhumain. Un bras émergea du tissu et l’attrapa au cou en tremblant violemment. Aniélis serra les dents. Des larmes lui vinrent aux yeux lorsque la manche ardente de sa petite sœur toucha sa joue. Elle souleva le petit corps et, trébuchant, se retourna. Le rideau isolant l’entrée de la maison venait de s’enflammer.
À bout de force, à bout de souffle, Aniélis tomba à genoux. Les petits se serrèrent autour d’elle et la regardèrent, terrorisés, attendant, attendant simplement qu’elle fasse, mais qu’elle fasse quoi ?
« Pardon, hoqueta-t-elle en serrant plus fort contre elle sa petite sœur. Pardon, pardon, pardon… »
Un épouvantable bruit de craquement résonna, jusqu’à concurrencer, presque, les mugissements du feu. Aniélis avança son bras libre pour enlacer les enfants.
« Bantals, je rejoins la mort », commença-t-elle, la respiration sifflante. Les garçons se serrèrent contre elle en sanglotant, mais Sibille joignit sa voix suraiguë à la sienne. « Je me tiens devant vous, droite et fière. Me voici… »

2ème extrait de roman : la tentation du feu

Des années plus tard, Aniélis n’a pas oublié ce jour infernal. Il l’a marquée à jamais.

Aniélis recula d’un pas, haletante, et elle passa les bras autour de son torse pour apaiser ses frissons. Cela avait-il le moindre sens ? La flamme crachotante du flambeau éclairait son œuvre de son halo. Insignifiante. Dérisoire… Toutes les rayures du monde ne pouvaient pas compenser la maison en feu d’Ausser, Muoma, Muoma-Ban et la bantal réduites en cendres dans l’incendie, Lya agonisant dans les flammes…
La jeune fille arrêta les yeux sur le flambeau. La chaleur du feu lui caressa la peau. Elle tendit la main.illustration-valadonne-extrait-de-roman

Les yeux fixes, les mains posées sur le battant, Aniélis regarda au travers de la grande porte. Les flammes rougeoyaient, vacillantes, et auréolaient d’or le mobilier qui se consumait. Leur crépitement dévorant murmurait aux oreilles de l’adolescente. C’était la maison des ennemis, mais elle entendait s’en échapper des cris valadons, des cris de femmes agonisantes. Muoma… Lya…
Elle frissonna et ferma les yeux. La chaleur de la fournaise enflamma son visage. Elle ne rêvait pas, cette fois. Dans ses songes, elle subissait le brasier. Là… qu’ils brûlent tous !
Un craquement la fit sursauter et elle releva les paupières. Les bancs… le lutrin… avec de la chance, la charpente, bientôt… Il ne resterait de ce sanctuaire que sa façade et, à l’intérieur, le nom de son dieu lacéré. La jeune fille serra le poinçon dans ses mains. Une porte claqua au loin. Quelques cris fusèrent.
« Ani ! »
Une main lui saisit le bras et l’attira en arrière. Aniélis se laissa faire. Toute force l’abandonnait, elle était spectatrice. Elle se traîna sur la place à la suite de Misha, la tête tournée vers le feu de joie qui s’évadait de l’édifice par bouffées de fumée. Que c’était beau, cet éclat dans la nuit ! Il s’amplifia, il s’éleva dans le ciel, son résonnement les poursuivit tandis qu’ils couraient à travers les rues.

3ème extrait de Valadonne : l’amie du feu

Cet extrait de roman rapporte la discussion entre deux hommes qui ont connu Aniélis lorsqu’elle était plus jeune. Ils avaient essayé de la protéger… contre les autres ou contre elle-même ?

« J’ai réussi à empêcher qu’on lui fasse du mal, mais cela n’a pas suffi. Elle ne voulait pas de cette vie-là. Elle a choisi de retourner au Grès. J’ai essayé de l’en dissuader, je te le jure, j’ai voulu qu’au moins elle laisse Sibille ici, mais ça a été peine perdue. »
Il se tut. Xavier réalisa que ses poings étaient serrés. Comment Théodore pouvait-il lui annoncer aussi platement pareille nouvelle ? Il avait bravé l’Ordre pour mettre ces deux enfants en lieu sûr, il avait traversé la moitié du pays en les cachant, au mépris de la loi, et Théodore n’avait pas su contraindre une gamine de quatorze ans ! Comment avait-il pu les laisser se jeter dans la gueule du loup ?
Toi aussi, tu les as abandonnées.
« Y a longtemps ? »
Il avait retenu sa voix, mais un écho de colère la voilait. Théodore se mordit la lèvre et répondit :
« Cela fait des années, Xavier. Sept, huit ans pour le moins. Mais rassure-toi, ajouta-t-il précipitamment en voyant le mercenaire écarquiller des yeux furibonds. Elles ne sont pas mortes, j’en suis sûr. Et c’est ce que je voulais te dire, c’est ce qui est absolument incroyable : j’ai entendu parler d’elle. D’Aniélis, je veux dire. Je suis quasiment sûr qu’il s’agit d’elle, cela ne peut être qu’elle. Il y a une femme à l’est, une jeune femme dénommée Lya, qu’on surnomme aussi la Louve, et qui fait partie de la rébellion. On dit qu’elle a incendié des dizaines de temples de Ceylhad. On dit qu’elle est l’amie du feu. » Le lettré esquissa un sourire un peu dédaigneux, mais continua cependant avec ardeur : « On dit surtout qu’elle a été touchée par le feu. Elle aurait une joue brûlée. Je ne peux pas croire que ce soit une coïncidence. Je me souviens de son histoire, elle m’avait un jour parlé d’une sœur à elle qui s’appelait Lya… »

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que ces trois instantanés de Valadonne vous auront envie d’en savoir plus et notamment de lire le pitch ! On se retrouve bientôt pour un autre extrait de roman ou une nouvelle à lire gratuitement en ligne. 🙂

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