Les palais de la Grèce antique : des Mycéniens aux Hellènes

Bonjour par ici !


Aujourd’hui, place à la suite des aventures d’Atalante et d’Hippomène ! Rappelez-vous, dans la dernière scène, le jeune homme était en proie à des rêves torrides qui avaient un sens religieux profond dans l’esprit des Grecs anciens. L’extrait qui vient est assez court… et plus chaste ! Ensuite nous enchaînerons avec la fameuse course qui doit départager les prétendants à la main de la belle chasseresse !

En préambule, et pour contenter votre faim, je vous propose de parler un peu des palais de la Grèce antique tels que les arpentent nos deux héros Atalante et Hippomène. Nous découvrirons aussi une villa grecque reconstituée : la villa Kerylos !

Les palais de la Grèce antique : mon inspiration mycénienne

 

De manière arbitraire, j’ai décidé de m’inspirer de l’architecture mycénienne pour les palais que je décris dans la nouvelle d’Atalante.

« Elle s’arrêta donc avant d’avoir franchi l’entrée monumentale et se retourna pour lui faire face. Les énormes blocs de pierre qui avaient présidé à la construction de la forteresse dans laquelle nichait le palais lui coupaient toute perspective. La base des murs était en maçonnerie, le reste en briques crues. Au-dessus du linteau de la grande porte, un relief monolithe en pierre grise occupait le triangle de décharge. Il représentait deux lions affrontés dont les pattes antérieures s’appuyaient l’une sur l’autre. »

La civilisation mycénienne prend place entre la fin du XVe siècle et la fin du XIIIe siècle avant notre ère. On la considère comme la première civilisation grecque. Elle doit son nom au site de Mycènes, en Argolide, fouillé par l’archéologue-aventurier Schliemann (celui qui a aussi découvert le site de Troie en Asie Mineure).


C’est à ce site célèbre que j’ai emprunté certains éléments architecturaux, comme la Porte des Lions, qui était un élément de fortification de la cité. J’en ai fait la porte du palais-forteresse de Schœnée, le père d’Atalante.


La civilisation mycénienne a emprunté beaucoup de traits à la civilisation crétoise qui l’a précédée, mais elle a aussi développé un caractère original que l’on retrouve dans la Grèce classique. Les propylées, par exemple, une entrée monumentale précédée de chaque côté du mur par un porche à colonnes. Mais aussi le mégaron, une grande salle avec antichambre et porche, au centre de laquelle on retrouve un foyer entouré de quatre colonnes et autour duquel s’organise le reste de l’habitat.


Le palais mycénien, avec son porche, son antichambre et son mégaron, inaugure un schéma architectural qui deviendra celui du temple grec.

Le mégaron du palais de Nestor, à Pylos. (Crédits images : akg-images / Balage Balogh / archaeologyillustrated.com).

Un exemple de villa grecque : Kérylos

 

Bien sûr, il ne reste plus guère que des ruines de ces palais de la Grèce antique, et même des habitats plus modestes des époques ultérieures.

Cependant, il existe un édifice très original et unique au monde qui permet de se représenter ce que furent la décoration et l’atmosphère d’une villa grecque ancienne : la villa Kérylos.


Plus qu’une reconstitution, c’est une « réinvention ». On la doit à Théodore Reinach, archéologue, et Emmanuel Pontremoli, architecte, deux hommes passionnés qui l’ont conçue et fait bâtir entre 1902 et 1908 sur le modèle des maisons nobles de l’île de Délos. La villa se situe au bord de la Méditerranée, entre Nice et Monaco.


Attention, on est très loin des palais mycéniens ! Ces maisons nobles datent en effet du IIe siècle avant J.-C. La villa Kérylos s’organise ainsi autour d’un péristyle, un élément architectural qui n’existait pas chez les Mycéniens. C’est une galerie de colonnes qui borde une cour intérieure.


Malgré cet écart chronologique extrême, je trouve que cela nous permet de nous rapprocher un peu de nos héros mythologiques. Je pense notamment à la décoration, les mosaïques et les fresques, qui étaient abondamment utilisées au IIe millénaire avant notre ère. Elles représentaient des scènes célèbres de l’histoire des dieux et des héros. Et puis il y a l’emploi de matériaux qui parlent à notre imaginaire lorsqu’on pense à la Grèce antique : les stucs, les marbres de Carrare


D’ailleurs, « Kérylos » signifie « hirondelle de mer ». Cet oiseau, on le retrouve peut-être dans une fresque préservée du palais de Pylos, en Messénie. On y voit un joueur de lyre assis sur un rocher, face à un gros oiseau blanc qui s’envole. Vous verrez plus loin dans la nouvelle que j’ai repris cette image. Certains thèmes poétiques et artistiques sont éternels !


Vous pouvez faire une visite virtuelle de la Villa ici.


Et si vous avez envie de vous faire une idée plus précise de ce que à quoi ressemblait un palais de la Grèce antique mycénienne, je vous conseille cette petite vidéo de reconstitution en 3D du palais de Nestor à Pylos.

Et maintenant, retournons dans les temps mythologiques !

Villa Kerylos (crédits photo : https://vivrenice.fr/villa-kerylos-beaulieu-sur-mer_9/)

Atalante Chasseresse – Partie VI

 

Hippomène se réveilla dans la plus profonde des paniques.


Il rejeta loin de lui le drap et se redressa pour trouver de l’air. Son cœur martelait sa poitrine ; il lui semblait étouffer. Il se leva et tâtonna dans la faible lueur de la lune pour trouver une lampe. Sous sa main fébrile, quelque chose tomba et heurta le sol dallé de terre cuite dans un bruit sourd.


Il alla jusqu’à la fenêtre et en écarta les voilages. L’air doux de la nuit, chargé encore des effluves salines de la mer qui bordait Onchestos, et des résines, et de la pierre de la montagne, calma un peu ses sens affolés. Il le respira longuement.


Le rêve le poursuivait encore. Si réel, si charnel. Il sentait encore sur lui les mains suaves. Son corps nu gardait mêlés à sa sueur les parfums intimes de sa divine amante, toute inaccessible qu’elle eût jamais été. Sa verge lui semblait encore endolorie…


Faste était un tel rêve lorsqu’on y prenait son plaisir entre les mains d’Aphrodite d’Or. Il annonçait la réalisation de tous ses rêves. Mais Artémis… ?


Les mains d’Hippomène tremblèrent sur son torse. Un doute le transperça devant le terrifiant présage. Allait-il au-devant de la catastrophe ? Fallait-il renoncer ?


À peine l’hypothèse de l’abandon effleurée, il se cabra. Renoncer à Atalante ? Jamais !


Il laissa derrière lui le spectacle des nuées enténébrées par la nuit. Peut-être, après tout, s’était-il trompé, peut-être le rêve avait-il si bien brouillé ses sens qu’il avait confondu sa maîtresse avec la divine archère, cette autre si semblable à sa chasseresse, cette autre à laquelle il voulait l’arracher pour l’amener à la sphère d’Aphrodite… D’ailleurs, au pinacle du plaisir, n’était-ce pas à son aimée qu’il pensait ?


À la naissance du jour, il serait prêt à braver tous les augures.

Il est déterminé, notre Hippomène, et ce en dépit des présages équivoques que la nuit lui a apportés. Nous verrons bientôt à quoi le mènera cet entêtement amoureux. Pour connaître la suite de ces aventures dans les palais de la Grèce antique et les sombres halliers de la déesse chasseresse, rendez-vous sur la ligne de départ de la course d’Atalante contre ses prétendants

Vous retrouverez également le récit intégral d’Atalante en version papier dans toutes les librairies. 🙂

Sources : François Chamoux, La Civilisation grecque

Crédits images : pho-graphe

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