Triade Capitoline : Jupiter, Junon et Minerve - Musée civique archéologique, Creative Commons ©Sailko

La religion romaine : tout est sous contrôle !

Comme en Grèce antique, la religion romaine est là pour garantir de bonnes relations avec les dieux. C’est capital, car de leur bonne volonté dépend tout : météo et récoltes, victoire dans la guerre, catastrophes en tout genre… Certaines divinités assurent aussi, au plus bas niveau, la protection de chaque foyer.


C’est pourquoi les rites sont particulièrement encadrés. Chez les Romains, tout est sous contrôle !

De l’importance d’avoir beaucoup de dieux

Les Romains vénèrent beaucoup de dieux. On pourrait dire que plus il y en a, mieux c’est. Chaque dimension de la vie et du monde doit être incarnée par une déité. C’est la raison pour laquelle les Romains n’hésitent pas à acculturer les divinités venues d’ailleurs en leur faisant passer le filtre de leur censure.

Les divinités romaines majeures

Les dieux les plus importants sont ceux de la triade capitoline :

  • Jupiter, roi des dieux ;
  • Junon, son épouse, protectrice des matrones ;
  • Minerve, patronne des artisans et déesse de l’intelligence (le génie romain).

Mars est également un dieu majeur. C’est le dieu de la guerre. Il a aussi été vénéré un temps par les paysans en tant que dieu des champs.


Vesta est la protectrice de Rome.

Les dieux domestiques des Romains

Les Romains ont des cultes domestiques à trois dieux ou groupements de divinités :

  • Vesta, déesse du foyer (elle est en fait la déesse du grand foyer collectif qu’est l’État romain et celle de chaque foyer romain) ;
  • les Lares, esprits des ancêtres, qui assurent l’abondance dans la maison et le domaine familial ;
  • les Pénates, dieux protecteurs du foyer et du garde-manger.

Les idées abstraites divinisées

À l’exemple des Grecs, les Romains ont des déités qui sont en fait des concepts comme :

  • Concordia, la concorde ;
  • Honor et Virtus, l’honneur et la vertu ;
  • Fortuna, la bonne fortune ;
  • etc.

Les dieux d’ailleurs importés à Rome

Comme je l’ai dit plus haut, la religion romaine adopte volontiers les dieux et les cultes d’autres peuples.

Cybèle et Dionysos

L’un des premiers exemples de cette assimilation est l’introduction à Rome de Cybèle, la Grande Mère des Phrygiens, en 204 av. J.-C. Toutefois, ses rites orgiaques ont été sévèrement réglementés par le Sénat.


Le dieu Dionsysos, devenu Bacchus, a subi le même type d’acculturation.

Mithra

Autre exemple d’adoption réussie : celle de Mithra, le dieu perse de la Lumière et de la Vérité. Ennemi irréductible d’Ahriman, le représentant des forces du mal, Mithra était très populaire dans les armées romaines car il symbolisait le guerrier et l’invaincu. Ce sont donc les soldats qui l’ont introduit en Italie.


Sous sa forme romaine, le mithraïsme est devenu une religion à mystères. Ses adeptes étaient initiés, les rites étaient secrets. C’est pourquoi on ne les connaît pas très bien.


On sait tout de même qu’ils impliquaient quelquefois une tauroctonie, un sacrifice du taureau. Le sang du taureau était perçu comme un élément qui régénérait la création. Mithra est aussi un dieu de la vie.


Les temples de Mithra (mithrae) étaient des grottes naturelles ou des cryptes demi-souterraines qui étaient censées rappeler l’antre dans lequel le dieu avait égorgé le taureau mythique.

Statue de Mithra sacrifiant le taureau - Musée du Vatican
Statue de Mithra sacrifiant le taureau - Musée du Vatican

Isis et Sérapis

Rome a également accueilli des divinités égyptiennes comme Isis et Sérapis. Elles avaient leurs sanctuaires à Rome.

Les cultes religieux dans la Rome antique

Les cultes publics romains

Les cultes publics sont assurés par des prêtres élus qui sont membres de l’aristocratie. Ils veillent à la bonne exécution des rites et organisent les fêtes religieuses.


Le collège suprême des pontifes compte environ quinze membres. Il est dirigé par le grand pontife (pontifex maximus), qui est responsable du maintien des traditions.


Les vestales sont des prêtresses du culte de Vesta. Elles ont un rôle important : elles entretiennent le feu sacré symbolisant l’État romain. Elles doivent rester vierges.


Les augures étudient les présages avant chaque acte public.

Les cultes domestiques romains

Les cultes domestiques à Vesta, aux Lares et aux Pénates sont célébrés dans la chapelle ancestrale de la famille (le lararium ou laraire). Cette chapelle se trouve habituellement dans l’atrium, au centre de chaque demeure romaine.


On a retrouvé un exemple de laraire dans la maison des Vettii à Pompéi. L’image ci-dessous montre le genius du maître de maison, le paterfamilias, entouré de deux lares, l’un tenant une corne et l’autre un sceau rituel. En-dessous d’eux se trouve un serpent qui vient accepter l’offrande faite par le genius.

Fresque du lararium de la maison des Vettii de Pompéi - Crédits image : blog grupobonadea
Fresque du lararium de la maison des Vettii de Pompéi - Crédits image : blog grupobonadea

Un exemple de reconstitution de la religion romaine ?

Toujours soucieuse de réalisme historique, autant que faire se peut ! j’ai utilisé des éléments religieux romains dans l’une de mes nouvelles, La Nuit des Saturnales. Ce récit s’inscrit dans l’une des fêtes religieuses les plus importantes des Romains, les Saturnales. La scène qui suit fait vivre le quotidien romain au cœur de la maison. Bonne lecture !

Cornélia gravit les quelques marches qui menaient à la porte de sa domus. Fait curieux, le lourd battant était entrebâillé. Elle le poussa et entra, suivie de Mákis.


Lorsque le jeune homme le referma derrière eux, ils furent plongés dans la pénombre et le silence. Les bruits de la rue moururent. Il ne resta que le son cristallin de l’eau venu de l’atrium, en face d’eux. Cornélia s’y dirigea.


Personne. Pas un esclave à l’ouvrage, ils étaient donc tous restés à la fête. Pas un client précoce venu quémander quelque service à Servius Iunius Silanus ou à son épouse. La maison était déserte.


Non. En entrant dans l’atrium, Cornélia entendit des pas venus d’en face, du tablinum. Elle avança sur l’allée de gravillons blancs, au milieu des massifs de roses. Dans l’encadrement de l’entrée menant au tablinum, une silhouette apparut.


Servius Iunius se dressa là, les bras croisés sur la poitrine. Il ne portait pas les vestiges d’une nuit de débauche, mais une impeccable tunique laticlave bordée de deux bandes pourpres verticales. Cornélia sut alors qu’il était rentré depuis longtemps et que, s’il n’avait pas pu remettre sa toge plissée, faute de l’aide d’un serviteur, il avait longuement pris le temps de faire sa toilette.


Il l’attendait.


« Mákis, dit-elle en posant la main sur l’avant-bras de son esclave. Va te reposer. Je n’ai plus besoin de toi pour l’instant.


— Tu es sûre, Maîtresse ? demanda le jeune homme.


— Oui. Ne t’inquiète pas pour moi. »


Il hocha la tête, s’inclina devant Servius Iunius et se retira.


Cornélia se dirigea vers son époux. Sans dire un mot, elle passa près de lui pour pénétrer dans le tablinum. Là se trouvaient la chapelle des dieux Pénates, les coffres qui contenaient les masques des ancêtres de la gens Iunius, les rayonnages qui supportaient les archives familiales et les livres de compte. En les regardant, Cornélia songea qu’il s’agissait là de presque toute sa vie.


« D’où viens-tu ? » demanda Servius.


Il s’avança vers elle et l’observa des pieds à la tête. Cornélia admira son impassibilité ; elle savait trop de quoi elle avait l’air, avec sa stola déchirée, ses pieds nus et ses cheveux détachés.


« Cela fait des heures que je t’attends, reprit-il. Tu n’as pas passé la soirée chez ton amie, comme tu me l’avais dit, et tu n’as pas dormi ici non plus. Je te le redemande, Cornélia : d’où viens-tu ? »

Ma nouvelle La Nuit des Saturnales est disponible en ebook à tous mes mécènes de niveau Médée. 🙂

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Sources : OLIPHANT, Margaret, Atlas du monde antique, Éditions Solar, 1992, Paris

Crédits image en-tête : Triade Capitoline avec Jupiter, Junon et Minerve, Musée civique archéologique, Creative Commons Attribution ©Sailko

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