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Sublimes romances avec Nadège Margaud

Bienvenue par ici, cher lecteur et chère lectrice !


Aujourd’hui, on va parler de thématiques qui me sont chères : l’amour et l’histoire ! J’ai en effet eu le plaisir d’interviewer Nadège Margaud, une autrice dont vous n’avez pas fini d’entendre parler, croyez-moi. Elle a un talent fou pour brosser le portrait d’amoureux que vous avez envie de suivre jusqu’au bout du monde. Et ça tombe bien, car c’est justement là qu’on va dans sa série Les Amants des pierres levées, une romance fantastique pour adultes qui va vous chavirer !

Les Amants des pierres levées : une uchronie historique…

Marie – Bonjour Nadège et merci d’avoir accepté cette demande d’interview ! Comme tu vas le constater, je vais entrer directement dans le cœur du sujet en évoquant ta merveilleuse série romanesque et fantasy, Les Amants des pierres levées, parue aux Éditions Bookmark.

Cette saga peut aussi être qualifiée d’uchronie, puisqu’elle repose sur la rencontre entre trois peuples que l’Histoire a toujours tenu éloignés les uns des autres : des Celtes, des Amérindiens et des Japonais. Ce choc des cultures est un terreau fertile pour toutes sortes de développements hauts en couleurs ! Peux-tu me dire comment tu as eu l’idée de ce point de départ surprenant ?

Nadège – L’émergence d’une histoire n’est pas toujours facile à traduire.


Je pourrais commencer par te faire la réponse du savant : j’étais entre deux phases de correction d’un gros projet (une fantasy historique avec une hermine… ) et je cherchais à m’évader par un projet différent. Je puise beaucoup mon inspiration dans l’Histoire et à un moment m’est venue l’idée de faire se rencontrer des cultures qui me fascinent, en l’occurrence les Celtes et les Samouraïs. Je trouvais original de les mettre en contact et de voir ce qu’il en découlerait. Comme tu le vois, c’est très scientifique comme approche. Et comme ils ne pouvaient se rencontrer que sur le continent nord-américain, je ne pouvais faire l’impasse sur la culture amérindienne qui m’intrigue énormément depuis toujours !

Lorsque j’ai entamé l’écriture de ce projet en la partageant sur le forum de Cocyclics, j’ai pu compter sur l’enthousiasme des grenouilles qui m’ont accompagnée tout le long de ce parcours ensuite.


Quant à la réponse du poète : parfois, des idées émergent dans notre esprit, elles nous traversent avec légèreté et, si on s’arrête pour les contempler, elles nous offrent une magie qui ne demande qu’à être modelée et développée. L’inspiration parfois ne se gouverne pas ! Je rejoins ici l’interprétation que fait Elizabeth Gilbert dans son livre Comme par magie, sur la nature presque divine de la créativité et la façon dont elle influe sur nos vies.


Bref, d’une idée un peu folle, peut-être bien originale, je me suis bientôt retrouvée avec des personnages aux origines multi-culturelles qui ne demandaient qu’à vivre sur le papier.


Et effectivement, il s’agit bien d’une uchronie de fantasy si on veut employer le terme exact !

Marie – Une autrice amoureuse d’Histoire : cela ne pouvait que matcher entre nous, comme on dit aujourd’hui. 😀 Je suis également d’accord avec ta perception de l’inspiration créative.


Restant sur la question de l’Histoire, j’aimerais beaucoup savoir comment tu as abordé ce projet du point de vue des coutumes de ces trois peuples, leurs façons de se vêtir, de se nourrir, de faire la guerre, leurs mentalités, leur religiosité et leur mysticisme… Bref, tout ce qui fait civilisation. As-tu fait beaucoup de recherches ? Je vais peut-être véhiculer un poncif plus gros que moi, mais comme tu vis en Bretagne, peut-être es-tu déjà familière de la culture celtique ?

Nadège – Ah les recherches historiques … En effet, si je m’écoutais j’y passerai bien ma vie ! Je ne me prétends pas historienne et, en déviant sur la fantasy, je me permets des digressions et approximations dans le but de servir l’histoire, mais j’avais en effet envie de m’appuyer sur des bases réelles.

Un guerrier picte. Sources : https://www.pinterest.fr/pin/720576009100389970/

Concernant le peuple celte, je me suis autorisée quelques mélanges entre différentes origines celtiques. Oui, j’avoue ! Je me le suis d’autant plus permis qu’en effet je suis bretonne d’adoption (et je suis née sur les marches de Bretagne donc je suis (presque) une vraie bretonne ! ) et je me suis depuis longtemps frottée au creuset de la mythologie et des coutumes celtes. En partant de la civilisation picte et de leurs peintures bleues sur le corps ( les pictes habitaient l’Ecosse principalement), j’ai associé des coutumes plus continentales et, pour le coup, je me suis rapprochée des ressources historiques sur la civilisation telle qu’elle existait avant l’époque romaine : les oppidums, les vêtements, les villages et démographies. J’ai aussi puisé dans les gouvernances matrilinéaires que certaines de ces peuplades pratiquaient. Un thème que tu connais parfaitement !

Pour la civilisation des Yamatos, j’ai repris l’ancien nom du Japon et me suis basée au plus proche de la période de Nara (VIIIème siècle). La culture japonaise et notamment des samouraïs est très documentée, j’ai eu peu de souci et, a priori, mon interprétation a plu à de grands amateurs de culture japonaise ! 🙂

Sources : https://www.pinterest.fr/pin/88383211421422795/

Là où j’ai pris beaucoup de précautions concerne la culture des Sioux Lakotas. Je l’ai voulu la plus proche possible de la réalité (si on excepte la magie) sachant que cette culture est toujours bien vivante. J’ai fait beaucoup de recherches pour l’aborder avec respect, sans l’influence occidentale (l’apparition des chevaux par exemple m’a valu quelques sueurs froides avant de trouver une explication cohérente ! )

J’ai d’ailleurs découvert beaucoup de choses et cela m’a passionnée d’autant plus !


Les langues, les prénoms, les dispositions des habitats, les termes adéquats … tout cela m’a valu quelques heures de recherches mais c’est un des plaisirs de la construction d’univers et cela comble aussi ma curiosité. Et j’ai bien envie de me frotter à d’autres périodes rien que pour en faire encore !

Des Pictes aux Sioux en passant par les samouraïs, le cycle des Pierres levées est haut en couleurs ! (Source de l'image : https://aalquimiadacura.blogspot.com/2015/01/a-nacao-lakota-lakhota-oyate-ki.html)

Marie – C’est ce qui est formidable, je trouve : partir de la réalité historique pour inventer une fantasy crédible et haute-en-couleurs. Tu as toute mon admiration pour t’être lancée dans ce projet !


J’avais bien reconnu les Pictes dans ta culture celte utilisant les tatouages. Tes précisions me permettent de mieux situer l’ensemble de tes sources d’inspiration. Pour les Japonais, je ne savais pas du tout de quelle ère les rapprocher, n’étant pas du tout bonne connaisseuse de cette culture. C’est très intéressant !


Quant aux Nakotas, ce sont mes préférés dans tes romans ! Parce que vraiment cela me passionne, peux-tu m’en dire davantage sur ce problème de l’apparition des chevaux ?


Et, pour enchaîner également avec un autre aspect lié à la recherche documentaire, peux-tu parler aussi du mysticisme de chaque peuple, à partir duquel tu as créé leur système de magie ? C’est un gros atout de ton roman, je trouve. Est-ce que cela a été compliqué ?

Nadège – Ah les chevaux ! On a tous dans la tête l’image du sioux à cheval pour la chasse aux bisons ou pour la lutte contre les colons américains. Et pourtant, avant que les européens ne posent un pied sur le continent américain (aussi bien au Sud qu’au Nord), les chevaux ne faisaient pas partie de l’existence des amérindiens ! J’ai voulu respecter cette chronologie, c’est pour ça que j’ai fait du Cheval un Esprit à part.

Ce qui fait une parfaite transition pour ta question !

Pour la magie, je me suis simplement basée sur l’existant.

Ainsi, pour les yamatos, je me suis appuyée sur le Ki/Qi, en lien avec la divinité shintoïste Amaterasu. Pour les celtes, la magie druidique était toute indiquée ainsi que la symbolique des pierres : menhirs, dolmen, cromlech bien sûr ! Et enfin pour les Nakotas, les esprits-totems et leur relation avec la nature étaient au cœur de leurs pouvoirs. Je n’ai finalement pas été bien loin dans la création des systèmes de magie. Au contraire de certain-e-s auteur-ice-s qui peuvent tout créer de toute pièce, j’ai besoin de la réalité comme fondation, quitte à ensuite en jouer ou la modifier.

C’est aussi pour ça que lorsque j’écris de l’imaginaire, cela tourne autour de la fantasy historique, de l’uchronie ou de l’anticipation/post-apo. Je ne peux pas partir de rien, le réel nourrit ma créativité. Un article de journal, une musique, un film ou roman, une découverte scientifique ou historique. Les personnages de tous les jours ou du passé. Tout peut être un point de départ à une nouvelle histoire…

… et une magnifique romance fantastique( pour adultes !)

Marie – Merci pour cette clarification, notamment pour les chevaux. Je trouve que c’est une démarche enrichissante, et qui donne souvent des bases solides à un roman, que de partir de la réalité historique. 🙂


Nous allons en venir au point croustillant de l’interview. Je suis sûre que tu vois de quoi je parle ! Tu as un don pour narrer des romances qui me chavirent le cœur à chaque fois. D’où cela te vient-il ? Là aussi, de tes lectures, des films que tu as vus, de l’histoire ? Est-ce que tu as toujours aimé les romances toi-même en tant que lectrice ?

Nadège – Ah les romances … je suis une romantique dans l’âme ! J’ai toujours eu un faible pour les romances. Tout a commencé il y a bien longtemps avec Jane Eyre de Charlotte Bronte, un classique du mouvement romantique anglais ! En fait pendant longtemps j’ai lu des romances sans savoir que j’en lisais. Je classais dans ce genre les collections harlequins aux couvertures racoleuses et dont les histoires semblaient vides de sens.

Mais depuis, le genre a retrouvé des lettres de noblesse je trouve. Et puis moi-même j’ai fait mon éducation.

J’ai découvert que sans le savoir, je lisais déjà ce genre-là. Le principal code de la romance est une histoire d’amour qui se finit bien, et finalement beaucoup de romans détiennent ce critère, même s’ils ne sont pas que ça ! Parmi ceux qui m’ont marqué très tôt, notamment, il y a les romans de Jane Austen, bien sûr : critiques sociales ET romance. Le cycle du Chardon et le Tartan (Outlander) de Diane Gabaldon = histoire, voyage dans le temps, highlander 😉 ET romance. L’Urban Fantasy aussi, contient souvent des romances tout en mettant en avant des héroïnes badass qui doivent sauver le monde : Mercy Thompson, Kate Daniels, Ivy Wilde, Rachel Morgan …pour n’en citer que quelques-unes (oui j’aime beaucoup).

 

Aujourd’hui, la romance est diverse et variée, elle se décline dans tous les styles, elle peut paraître très codée de l’extérieur et en même temps elle très ouverte sur plein de sujets. Tout lecteur et lectrice peut y trouver son compte. La romance en fantasy n’est pas encore très connue par contre ni très représentée (moins en littérature francophone qu’anglophone en tout cas), mais j’espère y avoir mis mon grain de sel !

Marie – Je crois que je suis aussi fleur bleue que toi (à mes yeux, c’est réellement une qualité !). Si tu as aimé Jane Eyre, je suis sûre que tu aimeras aussi La Dame du manoir de Wildfell Hall, un roman méconnu de la grande sœur de Charlotte Brontë, Anne.

En tout cas, je suis ravie que tu mettes ton grain de sel fantasy dans le genre de la romance. ! D’autant plus que tes héroïnes sont très modernes et bien en phase avec notre époque : elles gardent leur liberté de penser et ce sont elles qui amènent les hommes à réfléchir différemment à ce qui les entoure. Toute douce soit-elle, Megumi (Un Tomahawk pour Megumi) sait s’imposer face à l’ombrageux Ohitekah. Et que dire de la cheffe cruithne Mabh (Un Katana pour Mabh) face à Tokihiro ?

Y aurait-il une petite touche de féminisme dans tes écrits (peut-être inconsciemment) ?

Nadège – Je suis ravie que tu me poses cette question, et ravie aussi que cela se dégage de mes romans ! Car oui, la touche de féminisme est clairement présente et voulue. Déjà parce que pour moi une romance ce n’est pas une femme qui attend le prince charmant pour être sauvée. Avant d’être un couple romantique, il s’agit surtout de l’histoire de personnages qui ont leurs propres buts à atteindre. Et puis, aimer quelqu’un c’est souvent beaucoup de compromis et d’apprentissage de l’autre !

Il est vrai qu’au-delà des romances, j’aime raconter des histoires de femmes. J’essaie de varier les personnalités, les différences, les attentes et les objectifs. J’aime aussi changer les rapports de force vis-à-vis des hommes, comme Mabh qui est une cheffe guerrière par rapport à Tokihiro, simple samouraï de son état. Ou une Mégumi qui sous sa douceur parvient à s’imposer devant Ohitekah, puissant et animé par la vengeance. Quant à Ehawee … il faudra lire le tome 3 pour comprendre ses forces et découvrir sa relation avec Drest, guerrier désabusé et aigri.

En tous les cas, romantisme et féminisme sont loin d’être antinomiques, au contraire. Les romances sont avant tout des histoires de personnages alors c’est l’occasion de mettre en avant les femmes, dans toute leur diversité et leur complexité. Je crois que beaucoup de mes romans tournent autour de ces thèmes-là d’ailleurs, qu’ils soient historiques, contemporains ou imaginaires !

Marie – Je suis très impatiente de lire en papier la rencontre et l’apprivoisement d’Ehawee et de Drest. (Note pour le lecteur : j’ai eu le privilège de bêta-lire ce merveilleux roman et je vous promets que c’est un délice !).

D’ailleurs, puisqu’on évoque ce roman, peux-tu me dire quand il sortira ? Quelle est ton actualité à venir ?

Nadège – Et merci à toi, Marie, de l’avoir lu et commenté avec tant d’indulgence. Oui, le tome 3 des Amants des Pierres Levées, intitulé Un Tartan pour Ehawee, sort bientôt : dès le 15 septembre en numérique, un mois plus tard pour la version papier. Le reste de mon actualité, ce sont les rencontres avec les lecteurs : enfin ! Depuis la sortie du premier tome, cela n’avait pas eu être possible alors je me réjouis. Elles se dérouleront principalement en Bretagne, pour des raisons pratiques, même si j’espère bien voyager plus loin dans un proche avenir. Toutes mes dates sont disponibles sur mon site internet .

Pour le reste de l’actualité, je travaille sur plusieurs projets, notamment cette fois sur des romans contemporains, et je compte bientôt revenir à mon projet phare de Fantasy Historique : Les Trois JeAnne, qui raconte l’histoire de la Reine et Duchesse Anne de Bretagne. On aura sûrement l’occasion d’en reparler !

Merci à toi pour cette interview, toute en bienveillance et curiosité, je me suis régalée à répondre à tes questions !

Et merci à toi, Nadège !

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Bon, vous l’avez compris : le 15 septembre, ruez-vous sur Un Tartan pour Ehwaee ! Ça vous laisse un peu moins de deux mois pour lire les deux premiers tomes de la série Les Amants des pierres levées, Un Katana pour Mabh et Un Tomahawk pour Megumi.

Je précise que je n’ai aucune affiliation d’aucune sorte par rapport aux romans de Nadège… Je suis juste une grande fan de cette autrice et de sa capacité à écrire de la romance fantastique pour adultes d’une aussi belle qualité littéraire…. et semée dans l’Histoire.

En attendant, si vous avez envie d’une petite lecture romanesque, je vous propose de découvrir une romance fantastique par ici. À bientôt !

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