Hippomène et Atalante - Peinture de Rubens - XVIIème siècle

Atalante et Hippomène : le mythe des pommes d’or

Atalante est une héroïne grecque, chasseresse et vierge, qui impose à ses prétendants une épreuve mortelle : une course qu’elle remporte systématiquement grâce à sa rapidité.

Hippomène (ou Mélanion), follement amoureux, relève le défi. Avec l’aide de la déesse Aphrodite, il use de ruse et jette trois pommes d’or pour distraire Atalante pendant la course. Elle ralentit, il gagne et l’épouse.

Pris de passion, le couple profane un temple en faisant l’amour dans un lieu sacré. Ils sont métamorphosés en lions pour leur offense. Ce mythe explore les thèmes de la féminité, des épreuves amoureuses, du désir, de la tromperie divine et du passage de la virginité à la vie conjugale.

Hippomène et Atalante, c’est l’histoire d’une course entre une héroïne et ses prétendants. On pourrait aussi l’appeler le « mythe des pommes d’or ». La course et les mèla (pommes d’or) : voilà les deux éléments constitutifs de cet épisode qui appartient à la trame plus grande de la mythologie de l’héroïne grecque Atalante.

Car en effet, ici, c’est la femme qui est l’héroïne la plus connue du couple. On va voir ça de plus près ?

L’histoire de la course des prétendants

Qui est Atalante ?

Une héroïne mythologique

Atalante est une héroïne qui vit à l’âge des héros, tel que l’a décrit le poète grec Hésiode (VIIe siècle av. J.-C.). Cela veut dire qu’elle côtoie les dieux et les déesses, d’autres héros des mythes (Jason, Hercule, Méléagre, etc.) et des créatures extraordinaires comme les centaures de la mythologie grecque (dont Chiron).

Il existe plusieurs versions d’Atalante. Ici, nous allons nous intéresser uniquement à celle de l’épisode des pommes d’or. Dans cette histoire, Atalante est la fille de Schœnée. Contrairement à l’autre version dite arcadienne, qui accomplit des exploits collectifs (le voyage des Argonautes et la chasse de Calydon), la fille de Schœnée est au centre d’un exploit individuel : la course contre les prétendants.

Généalogie d'Atalante dans la tradition béotienne
Généalogie d'Atalante dans la tradition béotienne - Extrait de l'ouvrage d'Émilie Druilhe, Farouche Atalante, Portrait d'une héroïne grecque (voir les sources en bas d'article)

Une héroïne vierge

En effet, Atalante est une héroïne vierge, une parthénos, c’est-à-dire une jeune fille non mariée. Elle refuse ce mariage : c’est une constante dans tous les mythes qui l’évoquent, sauf le cas de l’Atalante mère de Parthénopée. Le refus du mariage est un mythème d’Atalante (un élément constituant de son mythe selon la définition de Claude Lévi-Strauss).

Dans le Catalogue des Femmes du poète Hésiode, il est dit : « divine, aux pieds rapides, | [qui] refusait les présents (de l’adorable Aphrodite) ».

Atalante est une parthénos qui vit dans le monde sauvage, qui chasse et qui lutte parmi les hommes. C’est le contexte fondamental quand commence l’épisode d’Hippomène et d’Atalante.

Une héroïne athlète

Atalante est réputée comme étant la meilleure à la course. Beaucoup de poètes et de mythographes vantent sa rapidité. C’est un talent qu’elle transmet à son fils Parthénopée dans certains épisodes : selon le poète Stace, celui-ci fait preuve d’une rapidité égale à sa celle de sa mère.

Atalante est par ailleurs une athlète accomplie, qui va jusqu’à pratiquer la lutte contre des hommes comme Pélée, le père d’Achille.

Ce talent d’Atalante n’est pas anodin. Il s’explique parce qu’Atalante est une parthénos et une héroïne. Une femme mariée n’aurait pas pu être décrite ainsi.

La course contre les prétendants : pour quoi faire ?

Trouver (ou exclure) un mari

Qu’est-ce que c’est, la course contre les prétendants ? C’est une idée d’Atalante pour éconduire les hommes qui veulent l’épouser. Elle ne doute pas de les battre puisqu’elle est connue pour sa très grande célérité ! Chez les auteurs Ovide et le Pseudo-Apollodore, elle décide de tout, de la distance de la course jusqu’au règlement.

« Elle s’en alla dans un endroit qui avait les dimensions d’un stade et y planta, à mi-parcours, un poteau de trois coudées » (Pseudo-Apollodore, Bibliothèque, III).

La course n’est pas toujours l’idée d’Atalante, c’est parfois celle de son père :

« comme nombreux étaient ceux qui la demandaient en mariage, son père décida donc d’une épreuve : qui voudrait l’épouser devrait d’abord se mesurer à elle dans une course, avec un but déterminé ; il était prévu qu’il courrait, ainsi, devant, sans armes, et qu’elle le poursuivrait avec un javelot ; après l’avoir suivi, avant d’arriver au but, elle le tuerait et planterait sa tête dans le stade. » (Hygin, Fables, 185)

Une épreuve mortelle pour les prétendants

Dans la première version écrite que nous ayons conservée de la course, celle du Catalogue d’Hésiode, il ne semble pas qu’Atalante mette à mort les prétendants qu’elle a vaincus. Par contre, les auteurs romains vont transformer l’héroïne en meurtrière implacable :

« Pas un de vous, dit-elle, ne me possédera, à moins de m’avoir d’abord vaincue à la course ; luttez de vitesse avec moi. Le plus agile recevra pour prix de sa victoire ma main et mon lit ; ceux que j’aurai devancés paieront de la vie leur défaite ; telle sera la loi du concours. » (Ovide, Les Métamorphoses, X)

La course devient donc une sorte de duel à mort dans plusieurs versions du mythe. Les prétendants sont nus et désarmés tandis qu’Atalante possède une arme de chasse : une lance ou un javelot. Les prétendants doivent gagner pour conquérir l’héroïne, mais aussi pour survivre tout court !

Hippomène entre dans la course

Un prétendant obstinément amoureux

L’élément qui perturbe le plan d’Atalante, c’est un prétendant coriace, Hippoménès. Ce personnage se caractérise par son obstination (il est tellement amoureux que rien ne peut le faire renoncer) et sa ruse. C’est aussi l’un des rares élus qui fait chavirer le cœur d’Atalante dans les mythes, avec Méléagre et Pélée (et Mélanion, qui remplace parfois Hippomène près d’Atalante dans l’épisode de la course).

Dans le Catalogue des Femmes d’Hésiode, Hippomène veut tellement épouser Atalante qu’il est prêt à mourir dans l’épreuve :

« Lui courait pour sa vie : sans autre choix que la fuite | ou la capture »

Les adjuvants d’Hippomène : Schœnée et Aphrodite

Le père d’Atalante, Schœnée, promet des cadeaux à Hippomène s’il gagne :

« Ce n’est pas sans combat qu’il l’obtiendra : si cet homme
[gagne, et si Zeus lui donne] d’acquérir cette gloire,
et les autres dieux des olympiennes demeures,
[il emmènera] dans le doux pays de ses pères
[ma chère fille, et je lui donnerai] des chevaux rapides
[et du palais] des cadeaux [magnifiques] »
(Hésiode, Catalogue des Femmes)

Mais c’est surtout la déesse Aphrodite qui va permettre à Hippomène de gagner grâce à trois pommes d’or. Elle lui donne les fruits (mèla). Pendant la course, le jeune homme les jette devant Atalante. Distraite par l’attrait des fruits, l’héroïne perd la course.

La présence d’Aphrodite dans cette histoire n’est pas un hasard. La déesse de l’amour est la mieux placée pour arracher Atalante au domaine de l’enfance et de la virginité incarnée par la figure divine d’Artémis à laquelle la jeune femme se vouait jusqu’alors.

Et c’est ainsi qu’Hippomène gagne la course et épouse Atalante.

Mélanion, variante d’Hippomène

Dans certains textes, c’est Mélanion qui remporte la course des prétendants face à Atalante. C’est un chasseur. Ovide le décrit persévérant et docile dans L’Art d’Aimer (Livre II). Le Pseudo-Apollodore le montre aussi remportant la course grâce aux pommes d’or. Il en fait aussi le père de Parthénopée (Bibliothèque, III).

Mélanion pourrait être un doublon mythologique, né d’une une fusion de traditions orales différentes.

Épisode annexe : la métamorphose en lions

Un épisode est souvent associé à celui de la course des prétendants. C’est celui de la métamorphose des deux amoureux en lions. Dans cette histoire, l’amant est tantôt Hippomène, tantôt Mélanion.

Après la course, selon Ovide et Hygin, Hippomène / Mélanion oublie de remercier Aphrodite pour l’aide qu’elle lui a apportée. La déesse va se venger : elle rend le jeune homme fou de désir alors que celui-ci chasse avec Atalante, ou qu’ils sont de sortie en forêt. Dans la version d’Hygin, ils sont en train de procéder à un sacrifice à Jupiter.

Hippomène et Atalante font l’amour dans un temple de Cybèle ou de Jupiter/Zeus, selon les versions. C’est un sacrilège, un « mariage impie » (anosios gamos). Le dieu insulté les transforme en lions pour les punir.

Pourquoi des lions ? Parce que, dans l’antiquité, on pensait que ces animaux étaient frigides. C’était donc les punir par où ils ont commis le sacrilège.

Hippomène et Atalante dans la littérature antique

L’origine : Le Catalogue des Femmes d’Hésiode

Hésiode serait le premier auteur à parler d’Atalante et d’Hippomène et de la course des prétendants. En fait, ce serait même le premier texte qui parle d’Atalante tout court et qui établit sa filiation. Il s’agit du Catalogue des Femmes (VIIe-VIe siècles av. J.-C.), un catalogue de généalogies prestigieuses que nous attribuons à Hésiode.

Hésiode est un poète qui vit en Béotie. C’est la raison pour laquelle on parle de la version « béotienne » d’Atalante quand on parle de la course et de l’épisode des pommes d’or, par opposition à l’Atalante « arcadienne » qui est celle de la chasse de Calydon.

  • L’Atalante béotienne est la fille de Schœnée, qui aime Hippomène et qui finit sa vie métamorphosée en lionne.
  • L’Atalante arcadienne est la fille d’Iasos, qui aime Méléagre et qui a pour fils Parthénopée. C’est aussi cette version-là qui est associée à Mélanion. (Pour ne rien compliquer. 😄)

Les autres sources sur Atalante et Hippomène

Par la suite, on retrouve le mythe chez Théognis de Mégare (VIe siècle av. J.-C.) et Théocrite (IIIe siècle av. J.-C.).

Mais l’épisode de la course devient populaire surtout à l’époque romaine. On le retrouve chez Ovide, Hygin, Stace, Properce, le Pseudo-Apollodore, Élien.

Ovide, le Pseudo-Apollodore et Élien adoptent tous la version hésiodique avec la course, l’aide d’Aphrodite qui offre les pommes d’or et le mariage avec Hippomène.

Les auteurs plus tardifs Nonnos de Panopolis et Libanios parlent aussi de la course.

Atalante et Hippomène dans les genres littéraires

Les genres littéraires s’intéressent à différents thèmes dans le mythe d’Atalante :

  • le genre littéraire épique parle de la course des prétendants et de la métamorphose
  • les poèmes élégiaques évoquent le refus d’Atalante de se marier
  • la tragédie s’intéresse uniquement à l’Atalante-mère

Le sexe, l’amour et la femme dans le mythe des pommes d’or

La course contre les prétendants : une poursuite amoureuse

L’Atalante-athlète est un personnage très érotique. Dans certains textes comme dans des représentations iconographiques de la course, les auteurs et les artistes se plaisent à la faire courir nue. C’est le cas chez Ovide par exemple. (Est-ce étonnant de la part de l’auteur de L’Art d’aimer ? 😄)

Le mythe devient fatalement un récit de poursuite amoureuse chez Théognis, Ovide ou Properce. Les poètes décrivent la course dans les moindres détails : des liens amoureux ou érotiques se développent entre Hippomène et Atalante pendant cette épreuve.

On pourrait aussi dire que les deux héros passent par une forme d’épreuves amoureuses.

La charge symbolique des pommes d’or

Quand on a les pommes d’or dans une image ou un texte, on sait qu’on a affaire à Atalante.

Or, ces pommes d’or ont toute une symbolique. Ce sont les mèla, qui ne sont pas forcément des pommes d’ailleurs, mais peuvent aussi être des oranges, des figues, des coings, des grenades…

Le symbolisme sexuel et amoureux des mèla

C’est un fruit à forte connotation sexuelle dans la Grèce antique. Il symbolise le désir. Il provient soit du pommier des Hespérides, soit du sanctuaire de la déesse Aphrodite à Chypre. C’est cette dernière version que nous donne Ovide dans les Métamorphoses (Livre X, 642-649).

Depuis Hésiode, on retrouve les pommes d’or dans tous les textes qui parlent de la course. Concrètement, ils rendent Atalante vulnérable puisqu’elle va perdre à cause d’eux. Selon l’historien Christopher Faraone (« Aphrodite’s KESTOS and Apples for Atalanta: Aphrodisiacs in Early Greek Myth and Ritual », in Phoenix 44), l’objectif des pommes est de faire naître le désir pour Hippomène chez Atalante. Le jeune homme jette les fruits comme il ferait boire un philtre d’amour à l’héroïne !

Au IIIe siècle av. J.-C., le poète Théocrite décrit Atalante lorsqu’elle ramasse les pommes d’or et dit : « En quel abîme d’amour elle plongea ! » (Idylles, I, 40-42).

Le symbole du mariage dans les fruits d’or

Les mèla sont aussi un emblème du mariage. On les retrouve dans le mariage de Zeus et d’Héra (Gaïa leur offre des pommes d’or) et dans celui de Pélée et de Thétis, les parents d’Achille (lors de ce mariage, Pâris offre la pomme d’or à la déesse Aphrodite, ce qui va provoquer finalement la Guerre de Troie).

Si on veut aller encore un peu plus loin, on peut parler de l’ecclésiastique byzantin Eustathe de Thessalonique (XIIe siècle). Il dit que l’or (des pommes d’or) est un facteur essentiel du mythe.

Atalante et la déesse Aphrodite

On lie souvent Atalante à Artémis, mais l’héroïne a beaucoup plus à voir avec la déesse de l’amour, Aphrodite.

Dans tous les mythes, Atalante fuit les « dons d’Aphrodite ». Elle veut garder sa virginité. Elle finit même par transformer ses relations avec les hommes en « chasse à l’homme » dans l’épisode de la course des prétendants !

Sauf que, dans la mythologie grecque, on ne peut pas échapper à Aphrodite : on ne peut pas échapper au désir et à l’amour. La fuite d’Atalante est donc vouée à l’échec, sa virginité est intenable. Dans l’épisode des pommes d’or, c’est éclatant : Atalante est piégée par l’amour (symbolisé par les pommes d’or). C’est une tromperie orchestrée avec maestria par la déesse, qui doit faire rentrer l’héroïne dans le rang. Aphrodite se mue ainsi en une espèce de « force civilisatrice » : Atalante ne peut pas rester de l’autre côté, dans le monde de la virginité, de la sauvagerie et de la barbarie… qui est le monde des monstres, celui des centaures !

Finalement, l’épisode des pommes d’or interroge les contours de la féminité grecque antique : quel statut pour les jeunes filles ? Atalante est-elle un modèle ou un contre-modèle ?

Atalante : un modèle de la jeune fille grecque antique

Pour les Grecs anciens, la course aux prétendants a en fait une issue rassurante, car on retourne à la norme : la femme tombe amoureuse de l’homme et accepte le mariage. C’est son destin, même quand elle s’appelle Atalante.

L’épisode d’Hippomène et Atalante montre l’évolution de la jeune fille, de l’enfance à l’âge adulte, jusqu’à son mariage. Elle passe du patronage d’Artémis à celui d’Aphrodite et d’Éros. Atalante rejoint ainsi tous les héros qui doivent se soumettre aux injonctions sociales du mariage et de l’enfantement :

  • Cyrène, qui devient la compagne d’Apollon et met au monde Aristée
  • la reine des Amazones Antiope épouse Thésée et met au monde Hippolyte
  • Atalante épouse Hippomène/Mélanion et enfante Parthénopée

Et lorsque l’issue n’est pas le mariage, elle est tragique :

  • Daphné qui refuse Apollon est métamorphosée en laurier
  • Hippolyte préfère la chasse aux femmes et finit par mourir (à nouveau l’opposition Artémis / Aphrodite)
  • Atalante est transformée en lionne frigide

Hippomène et Atalante dans l’iconographie

J’ai eu envie de vous donner quelques exemples d’œuvres qui montrent la course des prétendants et l’histoire d’Atalante et Hippomène au travers des siècles. 🙂

Atalante et Hippomène dans l’antiquité

Dans l’antiquité grecque, on a quelques représentations, mais elles montrent plutôt l’Atalante-athlète tout court. Par exemple, il y a une coupe attique à figures rouges attribuée au Peintre d’Euaion et datée du Ve siècle av. J.-C :

Atalante athlète sur une coupe du Vème siècle av. J.-C. conservée au Louvre
Atalante athlète sur une coupe de 475-450 av. J.-C. - Louvre, Paris - Photo du Musée du Louvre extraite de l'ouvrage d'Émilie Druilhe, Farouche Atalante (sources en bas d'article)

L’héroïne est debout dans le costume de l’athlète. Une inscription au-dessus d’elle porte son nom. Elle se prépare à la course : elle tient le bâton avec lequel les athlètes tracent le parcours.

Atalante est aussi représentée seule ou en compagnie d’un homme (Hippomène ? Pélée ?) dans un contexte athlétique et érotique dans les iconographies ci-dessous :

Atalante et peut-être Hippomène sur une coupe du Vème siècle avant J.-C.
Coupe de 450-430 av. J.-C. - Ferrare, Museo Nazionale di Spina - Image extraite de l'ouvrage d'Émilie Druilhe, Farouche Atalante (sources en bas d'article)
Atalante représentée nue avec un homme nu sur une coupe du IVème siècle av. J.-C. - BNF
Atalante et Hippomène ou Pélée ? - Coupe de 390-370 av. J.-C. - Cabinet des Médailles de Paris d'après le site de la BnF - Photo extraite de l'ouvrage d'Émilie Druilhe, Farouche Atalante (sources en bas d'article)

On trouve les images érotiques d’Atalante, souvent nue, avec Hippomène, Pélée ou Méléagre, sur de la vaisselle de banquet : canthares, cratères ou coupes à boire.

Les Romains vont montrer l’épisode eux aussi, surtout sur des mosaïques. Des peintres ont montré Atalante et Hippomène (Hippoménès ou Hippomédon) sur des bols, des verres ou des reliefs. On voit beaucoup le mariage et le passage d’Atalante de la sphère héroïque à la sphère domestique.

Atalante et Hippomène après l’antiquité

L’épisode de la course en elle-même a beaucoup plus intéressé les artistes postérieurs, ceux du Moyen-Âge, de la Renaissance et de l’époque moderne et post-moderne.

Enluminure du XVème siècle montrant la course d'Hippomène et d'Atalante
Enluminure du XVème siècle montrant la course d'Hippomène et d'Atalante - L'épître de Christine de Pisan, vers 1450-1475 - Enluminure de La Haye, bibliothèque royale

Les artistes de la Renaissance insistent sur la course et les pommes d’or. On a ensuite des peintures de Guido Reni, de Rubens, de Willem van Herp, de Noël Hallé… Il y a aussi les célèbres sculptures de Pierre Lepautre et de Guillaume Coustou. Au XIXe siècle, on a l’Atalante victorieuse de Pascal Dagan-Bouveret, qui éclipse Hippomène.

Peinture de Pascal Dagan-Bouveret : Atalante victorieuse
Atalante Victorieuse - Peinture de Pascal Dagan-Bouveret - 1874 - Musée d'Art et d'Histoire de Melun - Crédits photo Thomas Hennocque

À noter : Atalanta Fugiens (1617-1618), un livre d’emblèmes (avec des gravures) de Michael Maier, qui mélange des images, du texte et de la musique (sous la forme d’une fugue) autour du mythe.

Foire aux questions (FAQ) sur Atalante et Hippomène :

Ce sont deux figures de la mythologie grecque. Atalante est une héroïne vierge, chasseresse et rapide à la course. Hippomène est le prétendant qui parvient à la vaincre grâce à une ruse divine.

Parce qu’elle refuse le mariage. La course est un moyen de dissuader ses prétendants et de préserver sa liberté.

Elles sont données à Hippomène par la déesse Aphrodite. En les jetant pendant la course, il détourne l’attention d’Atalante, ce qui lui permet de gagner. Elles symbolisent le désir, l’amour et le mariage.

Hippomène (ou Mélanion) gagne la course. Il épouse Atalante, mais le couple est puni par les dieux pour avoir profané un temple : ils sont métamorphosés en lions.

Ce mythe évoque la tension entre liberté et mariage, la féminité, le désir amoureux, la ruse et les limites imposées par les dieux aux êtres humains.

Interprétation du mythe : ma novella Atalante

J’ai écrit une novella qui revisite l’épisode d’Hippomène et Atalante (ainsi que deux autres épisodes du mythe d’Atalante que j’ai liés au premier). C’est un grand plaisir pour moi de travailler le matériau mythologique. Je le trouve façonnable à l’infini. Comme je suis aussi une grande amoureuse d’Histoire, j’ai tâché de restituer un cadre historique plausible en implantant l’histoire dans le contexte matériel mycénien (pour l’architecture) et le cadre sociétal classique (place de la femme, mariage).

Je vous propose de lire les premières pages gratuitement ici. J’espère qu’elles vous plairont !

À bientôt pour de nouvelles aventures dans l’univers fabuleux de la mythologie grecque !

Sources :

DRUILHE, Émilie, Farouche Atalante, Éditions PUR, Collection Mnémosyne, Rennes, septembre 2016

OVIDE, Les Métamorphoses, Gallimard, 1992

COMTE, Fernand, Larousse des Mythologies du monde, Larousse, 2004

Crédits images en-tête : Hippomène et Atalante de Rubens – 1616-1620 – Worms, Museum Heylshof – Crédits Stefan Blume

À PROPOS DE L'AUTEURE

Je suis Marie, passionnée d'antiquité et de mythologie grecque depuis l'enfance. J'ai acquis un gros bagage dans ce domaine grâce à mes lectures, innombrables, sur le sujet : ma bibliothèque compte plusieurs centaines d'ouvrages, sources antiques et essais historiques traitant de nombreux aspects de ces périodes anciennes.

Je suis également diplômée d'histoire ancienne et médiévale (Maîtrise, Paris IV Sorbonne). J'ai notamment travaillé sur l'antiquité tardive, le Bas Empire romain et la romanisation des peuples germaniques.

Je suis l'auteure de plusieurs romans et nouvelles, dont Atalante, qui réinterprètent et revisitent la mythologie grecque et l'antiquité.

2 réflexions sur « Atalante et Hippomène : le mythe des pommes d’or »

  1. La suite du mythe est à considérer, car du coup les deux amants, pas encore mariés, vont actualiser fougueusement leur passion dans un temple d’Aphrodite qui se trouvait justement là, omettant de la remercier par tout autre rituel, et celle-ci, agacée, les transforme en un couple de lions. Ce qui leur confère un autre sens symbolique, que certains alchimistes exploreront. L’ouvrage Atalante fugitive, de Michael Maier, traduit et commenté par Étienne Perrot, est la référence de base.

    1. Bonjour Yves et merci pour votre commentaire. 🙂
      Je ne connais pas l’ouvrage que vous citez mais, effectivement, l’épisode de la transformation en lions est connu. Hippomène n’y est pas son amant en général, me semble-t-il, il s’agit d’une version avec le héros Mélanion. 🙂

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